Du 21 au 23 avril 2026, la capitale camerounaise abrite un atelier régional de renforcement des capacités consacré à la surveillance de la peste des petits ruminants (PPR) et des autres maladies animales transfrontalières. Organisée à l’Hôtel Mérina, cette rencontre réunit les États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), avec l’appui de partenaires internationaux.Maladie virale hautement contagieuse, la PPR touche plus de 70 pays en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie, mettant en péril les moyens de subsistance de près de 300 millions de familles rurales. Les pertes économiques annuelles sont estimées à plus de 2 milliards de dollars.
Face à cette menace, les États africains ont affiché une volonté politique forte. Lors de la Conférence régionale de la FAO pour l’Afrique tenue à Rabat en avril 2024, puis lors du sommet de Kampala en février 2025, l’éradication de la PPR d’ici 2030 a été inscrite comme priorité stratégique.
La FAO et ses partenaires en première ligne
Dans son allocution, le représentant de la FAO au Cameroun a mis en lumière les avancées significatives réalisées ces dernières années. Plus de 210 experts ont été formés dans 79 pays, tandis que plus de 30 000 échantillons sont analysés chaque année dans le cadre de la surveillance épidémiologique. Par ailleurs, plus de 100 millions de doses de vaccins ont été distribuées en cinq ans.Des études socio-économiques menées notamment au Cameroun et en République démocratique du Congo ont permis de renforcer le plaidoyer en faveur de l’éradication de la maladie. Le développement de réseaux scientifiques et de partenariats avec les communautés économiques régionales et les bailleurs de fonds constitue également un levier important.
L’Union européenne renforce son engagement
Prenant la parole, le représentant de la Délégation de l’Union européenne au Cameroun a réaffirmé l’engagement de son institution dans la lutte contre la PPR. Un financement initial de 10,5 millions d’euros a été mobilisé pour soutenir les efforts régionaux.Selon lui, « l’éradication de la PPR est une priorité partagée, au service du développement rural, de l’emploi des jeunes et de la stabilité », soulignant l’importance de cet atelier pour consolider l’expertise régionale et renforcer les partenariats entre l’Afrique centrale et l’Union européenne.
Le Cameroun s’appuie sur le PRODEL
Au niveau national, le Projet de Développement de l’Élevage (PRODEL), financé par la Banque mondiale et mis en œuvre par le ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales (MINEPIA), joue un rôle clé. Il a permis la fourniture de vaccins, le renforcement des services vétérinaires et la mobilisation des éleveurs dans la lutte contre la PPR.Le représentant du MINEPIA, Mimbong Guy Irène, a insisté sur la nécessité d’une surveillance épidémiologique efficace, participative et intégrée. Il a appelé les États bénéficiaires à produire des résultats « quantifiables, mesurables et durables », tout en garantissant la qualité des données collectées.
La surveillance épidémiologique au cœur de la stratégie

Les travaux de l’atelier mettent un accent particulier sur la surveillance basée sur les risques, considérée comme l’activité phare de l’année 2026.
Cette approche permettra d’identifier les zones critiques et d’orienter les interventions de manière plus efficace.Les autorités ont également insisté sur l’importance de l’implication des éleveurs et des communautés, ainsi que sur le partage en temps réel des informations géosanitaires. Une feuille de route régionale assortie d’indicateurs de suivi est attendue pour améliorer les dispositifs existants.
Une mobilisation régionale pour un objectif commun
La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs acteurs clés, dont Casimir Ndongo, coordinateur général de la PPR pour l’Afrique centrale, ainsi que des représentants des pays de la sous-région.
À travers cet atelier, les participants entendent renforcer la coopération régionale afin d’atteindre un objectif ambitieux mais réalisable : l’éradication de la peste des petits ruminants d’ici 2030. Un défi majeur pour la sécurité alimentaire, la santé animale et le développement durable en Afrique centrale.


