Du 21 au 23 avril 2026, Yaoundé abrite un atelier régional de renforcement des capacités dédié à la surveillance de la peste des petits ruminants (PPR) et des autres maladies animales transfrontalières. Organisée par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture en collaboration avec le Bureau interafricain des ressources animales de l’Union africaine, cette rencontre s’inscrit dans la mise en œuvre du Programme panafricain d’éradication de la PPR au sein des États membres de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale.La peste des petits ruminants demeure une menace majeure pour les économies pastorales en Afrique centrale. Hautement contagieuse, cette maladie virale affecte principalement les ovins et caprins, compromettant les moyens de subsistance de millions de ménages ruraux et périurbains.Malgré les efforts engagés depuis plusieurs années, la PPR reste endémique dans plusieurs pays de la sous-région, freinant les échanges commerciaux de bétail et limitant la productivité du secteur de l’élevage.
Un engagement international pour une éradication d’ici 2030
La lutte contre la PPR s’inscrit dans une dynamique mondiale lancée lors de la Conférence internationale pour le contrôle et l’éradication de la PPR. À cette occasion, une stratégie globale visant l’éradication de la maladie à l’horizon 2030 a été adoptée par la communauté internationale, sous l’impulsion conjointe de la FAO et de l’Organisation mondiale de la santé animale.Dans cette optique, l’Union africaine a décliné cette ambition en une stratégie continentale accompagnée d’une feuille de route couvrant la période 2023-2027, afin d’harmoniser les interventions à l’échelle régionale et nationale.Renforcer la surveillance, un enjeu cléL’atelier de Yaoundé vise avant tout à renforcer les capacités des États membres de la CEEAC en matière de surveillance épidémiologique. Il met un accent particulier sur la surveillance participative et basée sur les risques, considérée comme un levier essentiel pour une détection précoce et une réponse rapide face aux foyers de la maladie.Les participants travaillent également à la définition des écosystèmes épidémiologiques et à la cartographie des zones à haut risque, afin d’orienter efficacement les interventions sur le terrain.
Vers une meilleure coordination régionale
Un autre enjeu majeur de cette rencontre est l’harmonisation des systèmes de collecte, d’analyse et de notification des données sanitaires. L’atelier ambitionne de renforcer l’interopérabilité entre les plateformes régionales et internationales, notamment les réseaux de surveillance épidémiologique et les systèmes d’information zoosanitaire.La réactivation et l’opérationnalisation des réseaux régionaux, tels que RESEPI-AC et RESOLAB-AC, figurent également parmi les priorités, dans l’optique de bâtir un dispositif de surveillance plus efficace et coordonné à l’échelle de l’Afrique centrale.
Des résultats attendus pour une riposte plus efficace
À l’issue des travaux, plusieurs résultats sont attendus, notamment le renforcement des compétences techniques des acteurs clés, l’actualisation des cartes de risques, ainsi que la validation d’un plan régional harmonisé de surveillance.Les États membres devraient également s’engager à intégrer ces nouvelles approches dans leurs stratégies nationales, afin de garantir une mise en œuvre durable et cohérente des actions de lutte contre la PPR.
Une étape décisive vers l’éradication
En réunissant experts, décideurs et partenaires techniques, cet atelier de Yaoundé constitue une étape déterminante dans la lutte contre la peste des petits ruminants en Afrique centrale. Il traduit une volonté commune de renforcer la coopération régionale pour atteindre un objectif ambitieux mais crucial : l’éradication de la PPR d’ici 2030.
Au-delà de la santé animale, cet engagement représente un enjeu majeur pour la sécurité alimentaire, la réduction de la pauvreté et le développement durable dans la sous-région.


