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SIAC 2026 : des recommandations fortes pour faire de l’aquaculture un pilier de la politique d’import-substitution au Cameroun

La deuxième édition du Salon interprofessionnel de l’aquaculture du Cameroun (SIAC 2026) s’est achevée le 6 juin 2026 au Palais polyvalent des sports de Yaoundé sur une note d’optimisme et d’engagement collectif.

Organisé par le Ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales (MINEPIA) en partenariat avec l’Organisation interprofessionnelle pour le développement de l’aquaculture au Cameroun (OIDAC), sous le très haut parrainage du Président de la République, Paul Biya, l’événement avait pour thème : « Les politiques et stratégies de développement de l’aquaculture au Cameroun comme leviers nationaux d’animation territoriale sur les plans économique, social et technologique ».Pendant six jours, acteurs publics et privés, institutions financières, chercheurs, collectivités territoriales décentralisées, partenaires techniques et investisseurs ont échangé sur les défis et perspectives de la filière aquacole camerounaise. Plus de 85 exposants ont pris part à cette édition qui a également enregistré la participation de délégations internationales et du Maroc, pays hôte.

Une filière à fort potentiel mais encore sous-exploitée

Les travaux des six panels thématiques ont permis de dresser un état des lieux sans complaisance du secteur. Les participants ont relevé que le potentiel aquacole du Cameroun est estimé à plus de 460 000 tonnes de production annuelle. Pourtant, la production effective oscille entre 20 000 et 30 000 tonnes par an, soit à peine 4,5 à 6,5 % du potentiel disponible.

Cette faible exploitation contribue au maintien d’un important déficit de la balance commerciale halieutique, contraignant le pays à recourir massivement aux importations de poissons. Les experts ont également pointé du doigt l’absence d’une stratégie nationale actualisée de développement de l’aquaculture, un cadre réglementaire encore peu attractif pour les investisseurs ainsi que les difficultés d’accès au financement pour les petits et moyens producteurs.Les participants ont aussi souligné que les infrastructures stratégiques comme les ports de Kribi et de Douala offrent d’importantes opportunités pour le développement de l’aquaculture marine, encore largement inexploitée.

Le financement au cœur des priorités

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L’accès aux ressources financières a été identifié comme le principal frein au développement de la filière. Pour y remédier, les participants ont recommandé la mise en service urgente du Fonds de garantie aquacole logé à la CBC Bank afin de sécuriser les crédits accordés aux producteurs ne disposant pas de garanties conventionnelles.

Les acteurs ont également plaidé pour la création de produits financiers adaptés aux spécificités de l’aquaculture, ainsi que pour le financement d’infrastructures mutualisées telles que les écloseries, les unités de fabrication d’aliments et les chambres froides.

Dans cette dynamique, le SIAC 2026 a été marqué par la signature d’une convention de collaboration entre l’OIDAC, la Banque camerounaise des PME (BC-PME) et ACEP Cameroun. Ces partenariats visent à faciliter l’accès au crédit et à soutenir les investissements dans l’ensemble de la chaîne de valeur aquacole.

Une autre convention a été conclue avec le PAK pour accompagner le développement de la mariculture, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour l’exploitation durable du potentiel maritime du pays.

Les collectivités territoriales et l’innovation appelées à jouer un rôle moteur

Les recommandations issues du salon accordent une place importante aux collectivités territoriales décentralisées. Les participants souhaitent voir l’aquaculture intégrée systématiquement dans les plans communaux et régionaux de développement afin de favoriser l’émergence de pôles aquacoles territoriaux.

Ils préconisent également une meilleure mobilisation des financements du Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (FEICOM) pour soutenir les projets portés par les coopératives, les jeunes et les femmes.Sur le plan technologique, les experts ont insisté sur la nécessité d’adapter les formations aux nouveaux métiers de l’aquaculture numérique. Ils recommandent la création d’incubateurs spécialisés, le soutien aux start-up agritech et la mise en œuvre d’un programme national de digitalisation de la filière à l’horizon 2030, couvrant notamment la traçabilité des produits, le suivi des exploitations et l’accès aux marchés numériques.

Le MINEPIA promet de mettre un accent sur les recommandations

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Présidant la cérémonie de clôture, le ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales s’est félicité du succès de cette deuxième édition qu’il a qualifiée de « grande réussite ».Le membre du gouvernement a salué la qualité des échanges, la présence des innovations technologiques, des producteurs, des fabricants d’aliments aquacoles et des investisseurs. Il a particulièrement mis en avant les conventions de partenariat signées avec les institutions financières, estimant qu’elles traduisent la volonté des acteurs de contribuer à la politique d’import-substitution promue par le Chef de l’État.

Le ministre a assuré que l’ensemble des recommandations formulées au cours des travaux fera l’objet d’un examen approfondi par son département ministériel. Il a par ailleurs invité d’autres institutions financières à rejoindre cette dynamique afin de renforcer l’accompagnement des producteurs.

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Myriane Djamegne

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