Le président du Réseau des parlementaires pour la Diaspora, la Coopération décentralisée et transfrontalière (REP-COD), l’honorable Louis Henri Ngantcha, accompagné des membres du réseau, a reçu ce jeudi 9 juillet 2026 à Yaoundé la députée française Amélia Lakrafi, également déléguée de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF).
Cette rencontre, organisée en marge des travaux de l’Assemblée générale de l’APF au Cameroun, a permis aux deux parties d’explorer plusieurs pistes de coopération en faveur du développement du Cameroun.Les échanges ont porté sur le renforcement de la coopération parlementaire, la coopération décentralisée, la valorisation de la diaspora camerounaise ainsi que les défis liés à la formation, à la jeunesse et à la cybersécurité.
L’APF, un cadre d’échanges et de renforcement des capacités

Présentant les missions de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, Amélia Lakrafi a rappelé que cette institution constitue avant tout un espace de concertation entre les 89 parlements membres répartis sur les cinq continents.« Le rôle de l’APF est la coordination, l’échange de bonnes pratiques et d’expériences entre parlementaires », a-t-elle expliqué.Au-delà des échanges, l’organisation accompagne également les élus et les administrations parlementaires dans le renforcement de leurs capacités afin de produire des textes législatifs adaptés aux réalités des États membres.
Pour la députée française, le Cameroun dispose déjà d’un arsenal juridique relativement étoffé. Le véritable défi réside désormais dans l’évaluation de l’application des lois.« Voter les lois, c’est bien ; les évaluer, c’est mieux », a-t-elle insisté, estimant qu’un suivi rigoureux des politiques publiques permettrait d’améliorer leur efficacité.Faire de la coopération décentralisée un levier de développementParmi les principaux axes évoqués figure également le développement de la coopération décentralisée entre les collectivités territoriales.Amélia Lakrafi a indiqué que l’APF pouvait mobiliser plusieurs de ses partenaires, notamment l’Association internationale des maires francophones (AIMF), afin de favoriser des partenariats entre les communes camerounaises et celles de l’espace francophone.
Selon elle, ces collaborations ne doivent pas se limiter aux seules communes françaises, mais s’étendre aux collectivités belges, canadiennes, suisses, marocaines, ivoiriennes et d’autres pays francophones.« Toutes les communes de la famille francophone peuvent trouver au Cameroun des partenaires crédibles et porteurs de projets », a-t-elle souligné.

Former la jeunesse aux défis de demain
Les discussions ont également porté sur les enjeux liés à la jeunesse, à la formation professionnelle et aux nouveaux défis technologiques, notamment la cybersécurité.Pour la déléguée de l’APF, la Francophonie devra faire face dans les prochaines décennies à une importante croissance démographique, avec près des deux tiers de sa population âgés de moins de 30 ans.
Elle estime qu’il est impératif d’investir dès aujourd’hui dans la formation et l’accompagnement de cette jeunesse afin qu’elle puisse créer ses propres emplois et contribuer durablement au développement économique des États.« Les parlementaires ont décidé d’agir, doucement mais sûrement, tout en continuant à évaluer les actions engagées », a-t-elle déclaré.La diaspora camerounaise au cœur des priorités du REP-CODDe son côté, le président du REP-COD a salué la visite d’Amélia Lakrafi, qu’il considère comme une partenaire privilégiée du réseau.
Rappelant qu’il s’agit de sa quatrième visite au siège du REP-COD, Louis Henri Ngantcha a indiqué que cette rencontre a permis de faire le point sur les possibilités d’accompagnement que l’APF peut offrir au Cameroun.Les échanges ont notamment mis en lumière le rôle stratégique de la diaspora camerounaise dans le développement national.« Nous avons une diaspora extrêmement compétente, non seulement en France mais partout dans le monde », a affirmé le parlementaire.

Mobiliser l’épargne de la diaspora pour financer le développement
Face au contexte économique mondial marqué par les tensions géopolitiques et leurs répercussions sur les marchés, le président du REP-COD estime que la mobilisation de l’épargne de la diaspora constitue une piste sérieuse de financement du développement.Selon lui, plusieurs millions de Camerounais vivant à l’étranger disposent d’une capacité d’investissement susceptible d’accompagner les grands projets nationaux.
À titre d’exemple, il explique que si un million de Camerounais de la diaspora acceptaient de contribuer chacun à hauteur de 150 euros par mois dans un fonds destiné au développement du pays, les ressources mobilisées seraient considérables.Pour Louis Henri Ngantcha, la réussite d’un tel mécanisme repose toutefois sur une condition essentielle : le rétablissement de la confiance entre l’État et ses ressortissants établis à l’étranger.« Il faut reconstruire la confiance et faire en sorte que nos enfants croient à nouveau en leur pays », a-t-il déclaré.
Le REP-COD poursuit sa mission de rapprochement avec la Diaspora
Créé pour servir de cadre permanent de dialogue entre les parlementaires et les Camerounais vivant à l’étranger, le Réseau des parlementaires pour la Diaspora, la Coopération décentralisée et transfrontalière œuvre à renforcer la participation de la diaspora au développement économique, industriel et au rayonnement international du Cameroun.


