Réuni à Erevan, en Arménie, du 19 au 30 octobre 2026, dans le cadre de la 17ᵉ Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (COP17), le Cameroun appelle à une meilleure coordination des accords multilatéraux environnementaux afin de mobiliser davantage de ressources en faveur de la biodiversité, du climat et de la restauration des terres. Le ministre de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable, Hélé Pierre, a porté cette position lors du segment de haut niveau de la conférence.
Le financement au cœur des enjeux de mise en œuvre
La mobilisation des ressources financières, le transfert des technologies et le renforcement des capacités constituent les principaux enjeux soulevés par le Cameroun à la COP17 sur la biodiversité.
À Erevan, le chef de la délégation camerounaise, le ministre Hélé Pierre, a appelé à une approche concertée pour accélérer la mise en œuvre des engagements internationaux en matière de préservation des écosystèmes.Cette intervention intervient alors que les pays parties à la Convention sur la diversité biologique évaluent les progrès accomplis dans l’application du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal, adopté en 2022. Ce dispositif comprend 23 cibles à atteindre à l’horizon 2030, notamment pour enrayer la perte de biodiversité et renforcer la protection des milieux naturels.
Pour le ministre camerounais, l’heure est à l’identification des lacunes et des obstacles qui freinent la réalisation de ces objectifs, mais aussi à la définition des ajustements nécessaires. « L’enjeu majeur demeure l’amélioration des ressources, les infrastructures et technologies, et le renforcement des capacités », a-t-il souligné.Derrière cette préoccupation se pose la question des moyens dont disposent les États pour traduire leurs engagements environnementaux en actions concrètes. La protection des écosystèmes, la restauration des terres et la préservation des ressources naturelles nécessitent des financements adaptés, des compétences techniques et des infrastructures permettant de soutenir les initiatives sur le terrain.
Le Cameroun mise sur la convergence des accords environnementaux
Au-delà de la mobilisation des financements, le Cameroun défend une meilleure articulation entre les différents accords multilatéraux relatifs à l’environnement.
L’objectif est de favoriser des mécanismes financiers capables de soutenir simultanément plusieurs priorités, notamment la conservation de la biodiversité, la lutte contre les changements climatiques, la restauration des terres et l’amélioration des moyens de subsistance des populations.« Le Cameroun estime que la synergie entre les accords multilatéraux sur l’environnement va permettre de promouvoir des mécanismes financiers en faveur de projets qui génèrent simultanément des bénéfices pour la biodiversité, le climat, la restauration des terres et les moyens de subsistance de la population urbaine », a déclaré Hélé Pierre.Cette approche vise à renforcer la cohérence des interventions environnementales et à optimiser l’utilisation des ressources disponibles. Elle met également en avant la possibilité de concevoir des projets produisant des bénéfices complémentaires, plutôt que de traiter séparément les enjeux liés à la biodiversité, au climat et à la dégradation des terres.
Le Cameroun participe à cette conférence avec sa troisième Stratégie et son Plan d’action national pour la biodiversité (SPANB III), validés en mai 2026. Ce document constitue le cadre national de référence pour la mise en œuvre des engagements du pays en matière de conservation et de gestion durable de la biodiversité.À mesure que les négociations progressent à Erevan, la délégation camerounaise examine les améliorations susceptibles d’être apportées aux différents axes de cette stratégie, afin de mieux répondre aux défis identifiés et aux objectifs internationaux fixés pour 2030.
À quelques années de cette échéance, les discussions de la COP17 mettent ainsi en lumière une préoccupation centrale : au-delà des engagements politiques, l’atteinte des objectifs mondiaux de biodiversité dépendra notamment de la disponibilité des financements, de la coopération internationale et de la capacité des États à transformer leurs stratégies en résultats concrets.


