La Haute Autorité de la Communication (HAC) de Guinée a annoncé, mercredi, avoir adressé un avertissement officiel à la chaîne française France 24. Le régulateur reproche au média d’avoir « délibérément utilisé un terme inapproprié » pour désigner le président guinéen Mamady Doumbouya.La mise en garde intervient après une émission diffusée le 14 septembre, au cours de laquelle un présentateur de France 24 aurait qualifié le chef de l’État de « président putschiste ».
Une formulation contestée par les autorités guinéennes, qui estiment qu’elle ne tient pas compte de l’évolution du statut institutionnel de Mamady Doumbouya.Dans un communiqué, la HAC accuse France 24 d’avoir « sciemment choisi d’ignorer la légitimité issue des urnes » en employant cette expression à l’égard d’un président désormais élu. Le régulateur demande ainsi à la chaîne de procéder aux « corrections rédactionnelles nécessaires sur l’ensemble de ses plateformes numériques ».
Une mise en garde assortie de menaces de sanctions
La HAC prévient également qu’elle « se réserve le droit d’imposer des sanctions » en cas de récidive. L’autorité n’a toutefois pas précisé, dans son communiqué, la nature des éventuelles mesures qui pourraient être prises contre la chaîne française.Cet avertissement s’inscrit dans un contexte médiatique particulièrement sensible en Guinée.
Depuis plusieurs années, les autorités ont pris des mesures à l’encontre de plusieurs médias, certaines allant jusqu’à la suspension de leurs activités. Les restrictions imposées au secteur de l’information ont suscité des critiques de la part d’organisations de défense de la liberté de la presse.France 24 n’avait pas encore réagi publiquement à l’avertissement de la HAC au moment de l’annonce.
De la prise du pouvoir en 2021 à l’élection présidentielle
Mamady Doumbouya est arrivé au pouvoir en septembre 2021 à la faveur d’un coup d’État qui a renversé le président Alpha Condé. Chef de la junte militaire, il a ensuite conduit la transition politique avant de se présenter à l’élection présidentielle de décembre 2025.Selon la HAC, son élection lui confère désormais la légitimité issue des urnes, raison pour laquelle elle conteste l’emploi du qualificatif « putschiste » par France 24.
Le scrutin s’est déroulé dans un contexte marqué par l’absence quasi totale de l’opposition, selon les éléments rapportés dans le communiqué.L’affaire illustre ainsi les tensions persistantes entre les autorités guinéennes et certains médias sur la manière de qualifier le pouvoir en place, alors que le pays est passé d’une période de transition militaire à un régime issu d’une élection présidentielle.




