Les étudiants de l’université de Nouakchott ont observé un mouvement de grève le jeudi 22 octobre 2026 pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de vie et d’études. Entre insuffisance des logements universitaires, suppression des bourses et difficultés de transport, ils jugent les mesures annoncées par le ministère de l’Enseignement supérieur inadaptées à l’ampleur de leurs préoccupations. Ils réclament une rencontre directe avec le ministre de tutelle afin de parvenir à des solutions concrètes.
Logements, bourses et transport au cœur de la contestation
La colère des étudiants repose sur plusieurs revendications, notamment l’accès au logement universitaire, le maintien des bourses et l’amélioration du transport. Jaroullah Ould Abdallahi, étudiant en biologie à l’université de Nouakchott, dénonce le non-respect des droits des étudiants et l’insuffisance des réponses apportées par les autorités.Selon lui, les difficultés d’accès au logement touchent également des étudiants qui ne redoublent pas, certains ayant perdu leur place sans explication.
À cela s’ajoute la suppression des bourses, y compris pour des étudiants inscrits au programme Taazour.Les problèmes de transport aggravent également le quotidien des étudiants. Le manque de bus entraîne de longues attentes et des bousculades, alors que les tarifs sont au centre des préoccupations. Dans ces conditions, les grévistes contestent toute augmentation des coûts du transport sans amélioration préalable du service.En réponse, le ministère a notamment annoncé la mise en place d’un abonnement mensuel ainsi qu’une réorganisation des arrêts de bus. Des mesures que les étudiants estiment insuffisantes au regard de l’ensemble des difficultés rencontrées.
Les étudiants exigent un dialogue direct avec le ministre
Pour Mohamed Lemine Mohamed Khabaz, membre du bureau exécutif de l’Union générale des étudiants de Mauritanie, la crise ne saurait être réduite à la seule question du transport.
Il déplore notamment le coût du nouvel abonnement mensuel, fixé à 5 000 ouguiyas, contre 2 800 ouguiyas auparavant, selon ses déclarations.Le représentant étudiant insiste surtout sur la nécessité de trouver des réponses aux difficultés liées au logement universitaire. Il estime que les étudiants originaires d’autres régions du pays et dépourvus de soutien familial à Nouakchott devraient bénéficier d’un traitement prioritaire dans l’attribution des logements.Face à cette situation, l’Union générale des étudiants de Mauritanie réclame une rencontre directe avec le ministre de l’Enseignement supérieur pour examiner les revendications et rechercher des solutions concertées.
De son côté, le ministre de tutelle explique les tensions sur le transport par l’augmentation continue des effectifs universitaires. Cette justification ne convainc toutefois pas les grévistes, qui attendent des réponses à l’ensemble de leurs préoccupations.Faute d’avancées concrètes, les étudiants préviennent que le mouvement de grève pourrait se poursuivre dans les prochains jours, faisant planer la menace d’une intensification de la contestation dans les universités mauritaniennes.


