Le dialogue stratégique national sur la gouvernance de la migration de main-d’œuvre, ouvert le 28 septembre 2026 à Yaoundé sous la présidence du ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona, avec l’appui technique de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), marque une nouvelle étape dans la réflexion sur la mobilité des compétences. Au-delà de la régulation des départs, l’enjeu est de faire de la migration un levier de valorisation du capital humain et de développement économique.
La migration de la main-d’œuvre constitue désormais un enjeu stratégique pour le Cameroun. Face à la mobilité croissante des travailleurs et aux départs de nombreux professionnels vers l’étranger, le gouvernement entend passer d’une gestion essentiellement réactive des flux migratoires à une approche davantage structurée. C’est dans cette perspective que s’inscrit le dialogue stratégique national ouvert le 28 septembre 2026 à Yaoundé, à l’initiative du ministère du Travail et de la Sécurité sociale, avec le concours de l’OIM Cameroun.

L’enjeu est notamment de promouvoir des voies de migration régulières et sécurisées, dans un contexte où les départs clandestins exposent les travailleurs à de multiples risques. La recherche de partenariats avec des pays confrontés à des pénuries de main-d’œuvre, notamment le Canada, l’Allemagne et l’Italie, ouvre ainsi des perspectives de recrutement organisé.Toutefois, la conclusion de tels partenariats ne saurait se limiter à faciliter le déplacement des travailleurs.
Elle implique également des garanties en matière de recrutement éthique, de conditions de travail décentes et de respect des droits des migrants. La protection des compétences camerounaises à l’étranger apparaît donc comme une composante essentielle de cette nouvelle politique.La mise en place d’un dispositif de gouvernance efficace devra également permettre de mieux identifier les profils recherchés à l’international et de rapprocher les besoins des pays d’accueil des compétences disponibles au Cameroun. Une telle démarche pourrait contribuer à améliorer l’insertion professionnelle des candidats à la migration, tout en réduisant leur exposition aux réseaux de recrutement frauduleux.
La mobilité internationale peut cependant devenir complémentaire de ces politiques si les compétences acquises à l’étranger sont valorisées au retour ou mobilisées au bénéfice du Cameroun. Les transferts de fonds des travailleurs migrants représentent également un potentiel économique, à condition que des mécanismes favorisent leur orientation vers des investissements productifs.La réussite de cette stratégie dépendra donc de la capacité des pouvoirs publics à établir des passerelles entre les marchés du travail national et international. Au-delà de l’adoption d’un cadre réglementaire, le défi réside dans sa mise en œuvre effective, la protection des travailleurs et la création de conditions favorables au retour des compétences.
En ouvrant ce dialogue, le Cameroun engage ainsi une réflexion sur une nouvelle conception de la migration professionnelle. Il ne s’agit plus seulement de maîtriser les départs, mais de faire de la circulation des compétences un instrument de développement, tout en préservant les capacités du marché national à répondre à ses propres besoins.



