L’ancien président sénégalais Macky Sall a annoncé samedi son retrait de la course à la succession du secrétaire général des Nations unies. Cette décision intervient au lendemain d’un scrutin informel du Conseil de sécurité qui n’a permis à aucun des sept candidats encore en lice de recueillir un soutien susceptible de faire consensus. Malgré l’appui initial du Burundi, puis celui du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, la candidature de l’ancien chef de l’État s’est heurtée à des obstacles diplomatiques et à des contestations dans son pays.
Des consultations défavorables à sa candidature
Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, Macky Sall a indiqué avoir pris acte des résultats des consultations menées au sein du Conseil de sécurité. Il a également exprimé sa volonté de contribuer désormais à la recherche d’un candidat de consensus pour diriger l’organisation internationale.Le scrutin informel a révélé les difficultés rencontrées par les sept candidats encore en lice. Chacun d’eux a reçu au moins un avis défavorable d’un membre permanent du Conseil de sécurité, une opposition susceptible de se traduire par un veto lors de la procédure formelle de sélection.
Pour Macky Sall, les résultats se sont progressivement détériorés au fil des consultations. Lors du premier tour, l’ancien président sénégalais avait obtenu six avis favorables, sept avis défavorables et deux mentions « sans opinion ». Au cinquième tour, son bilan était tombé à cinq avis favorables contre dix avis défavorables.Cette évolution a compromis ses chances de s’imposer dans le processus de désignation du successeur de l’actuel secrétaire général de l’ONU. En annonçant son retrait, Macky Sall met ainsi un terme à ses ambitions pour ce poste et affiche sa volonté de favoriser l’émergence d’une candidature susceptible de réunir un soutien plus large au sein du Conseil de sécurité.
Une candidature fragilisée par les controverses au Sénégal
Au-delà des difficultés diplomatiques, la candidature de Macky Sall était également contestée dans son propre pays. L’ancien président, qui a dirigé le Sénégal de 2012 à 2024, faisait face aux critiques de ses opposants concernant sa gestion des finances publiques, notamment des accusations relatives à la dissimulation d’une partie de la dette publique.
Son bilan politique a également été marqué par les manifestations survenues entre 2021 et 2024, au cours desquelles des personnes ont été tuées ou blessées. Des victimes de la répression et leurs soutiens s’étaient opposés à sa candidature à la tête des Nations unies, estimant que son passé politique devait être pris en compte dans l’évaluation de son profil.Malgré ces contestations, Macky Sall avait bénéficié du soutien du Burundi, avant de recevoir, en juillet, celui du président sénégalais en exercice, Bassirou Diomaye Faye.Son retrait illustre toutefois la difficulté de faire aboutir une candidature à un poste aussi stratégique sans réunir un soutien diplomatique suffisamment large.
Le futur secrétaire général des Nations unies devra en effet être en mesure de rassembler les membres du Conseil de sécurité, notamment ses cinq membres permanents, dont chacun dispose d’un droit de veto.En renonçant à poursuivre la course, Macky Sall choisit désormais de se positionner en faveur d’une solution de consensus. Cette décision ouvre une nouvelle étape dans le processus de succession à la tête de l’ONU, alors que les négociations diplomatiques restent déterminantes pour désigner le prochain titulaire de cette fonction.


