Le secteur énergétique camerounais entre dans une nouvelle ère. Ce mardi 5 mai 2026, à Yaoundé, les membres du tout premier conseil d’administration de la Société Camerounaise d’Électricité (Socadel) se sont réunis pour désigner l’équipe dirigeante chargée de piloter cette entreprise publique nouvellement créée. Cette étape intervient au lendemain du décret présidentiel du 4 mai 2026, qui acte la disparition d’Eneo et consacre la mise en place d’une société entièrement détenue par l’État.
Une gouvernance expérimentée aux commandes
À l’issue de cette réunion inaugurale, trois figures ont été désignées pour diriger la Socadel.
À la tête du conseil d’administration, Antoine Ntsimi, ancien ministre des Finances, apportera son expérience des politiques publiques et de la gestion économique.Le poste de Directeur Général revient à Oumarou Hamandjoda, précédemment Directeur Général Adjoint d’Eneo.
Son profil technique et sa connaissance du secteur électrique devraient faciliter la transition entre l’ancien et le nouveau modèle.Jean Basile Ekobena, nommé Directeur Général Adjoint, complète ce trio appelé à conduire les premières orientations stratégiques de l’entreprise.
Une entreprise 100 % publique pour un enjeu stratégique
La Socadel se distingue par son statut d’entreprise entièrement contrôlée par l’État camerounais. Elle hérite d’un périmètre étendu, couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur de l’électricité : production, transport, distribution et commercialisation.Ce choix marque une volonté claire des autorités de reprendre le contrôle d’un secteur jugé stratégique, dans un contexte où les défis liés à l’accès à l’électricité et à la qualité du service restent importants.
Tourner la page Eneo
La création de la Socadel met fin à l’ère Eneo, longtemps critiquée pour les délestages récurrents et les insuffisances dans la fourniture d’électricité. En remplaçant cet opérateur, le gouvernement entend insuffler une nouvelle dynamique, basée sur une gestion plus rigoureuse et une meilleure prise en compte des besoins des populations.La nomination d’anciens cadres d’Eneo au sein de la nouvelle structure témoigne toutefois d’une volonté de continuité technique, afin d’éviter toute rupture brutale dans le fonctionnement du système.
Vers une souveraineté énergétique renforcée
Au-delà du changement institutionnel, la Socadel incarne l’ambition du Cameroun de renforcer sa souveraineté énergétique. L’État mise sur une gestion centralisée pour optimiser les investissements, moderniser les infrastructures et améliorer durablement la qualité du service public de l’électricité.Les attentes sont élevées, tant du côté des ménages que des entreprises, qui espèrent une réduction des coupures et une meilleure accessibilité à l’énergie.
Un défi majeur pour le nouveau management
Pour le nouveau top management, les défis sont nombreux : réhabilitation du réseau, augmentation de la capacité de production, amélioration de la gouvernance et restauration de la confiance des usagers.La réussite de la Socadel dépendra de sa capacité à transformer ces ambitions en résultats concrets. Le chantier s’annonce vaste, mais crucial pour le développement économique du pays.


