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CYBERSÉCURITÉ:Face à l’explosion des cyberarnaques, « Bouclier numérique » lance la riposte au Cameroun

Porté par la Fondation Cœur de Mère, la SNK Foundation et la CyberInnoShield Foundation, basée aux États-Unis, le programme « Bouclier numérique » a été lancé le 9 juillet 2026 à Yaoundé.

Cette initiative nationale entend renforcer la résilience numérique des populations, notamment des femmes, des jeunes filles et des communautés vulnérables, en misant sur la prévention, la sensibilisation et la coopération entre les acteurs publics et privés.

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Une coalition pour protéger les plus vulnérables

« À cette montée de la criminalité dans notre genre, nous avons décidé de ne plus nous taire et de nous battre. Nous avons donc forgé un bouclier : le Bouclier numérique. » C’est par ces mots que les promoteurs ont donné le ton de cette campagne nationale.Porté par la Fondation Cœur de Mère, la SNK Foundation et la CyberInnoShield Foundation, le programme vise à renforcer la résilience numérique des femmes, des jeunes filles, des familles et des communautés vulnérables. Les initiateurs ambitionnent de sensibiliser les citoyens aux différentes formes de cybercriminalité et à leurs liens avec les violences basées sur le genre, tout en présentant le cadre juridique existant et en renforçant les capacités des ONG, des institutions publiques, de la société civile et du secteur privé dans la prévention et l’accompagnement des victimes.Les organisateurs souhaitent également favoriser une coopération multisectorielle afin de mieux répondre à un phénomène devenu l’une des principales menaces de l’écosystème numérique.

Muriel Blanche : « Nous ne pouvons plus nous taire »

L’émotion était palpable dans le discours de Muriel Blanche, présidente de la Fondation Cœur de Mère. S’exprimant à la fois comme responsable d’association, mère de famille et victime d’usurpation d’identité, elle a raconté les conséquences dramatiques des faux profils créés à son nom.

Depuis plusieurs années, des escrocs utilisent son image, ses photographies et même des clonages de sa voix réalisés grâce à l’intelligence artificielle pour convaincre des internautes d’envoyer de l’argent en échange de prétendues aides ou opportunités d’investissement.« Il n’y a rien de plus douloureux que d’apprendre qu’une famille a été ruinée parce qu’elle pensait parler avec moi », a-t-elle déclaré, rappelant que plusieurs victimes ont perdu les économies d’une vie en croyant s’adresser à sa fondation.Pour elle, cette souffrance a transformé l’indignation en engagement. « Nous devons éduquer, prévenir et armer nos populations », a-t-elle insisté, lançant un appel à la mobilisation des administrations, des collectivités territoriales, des écoles, des universités, des organisations de la société civile, des leaders religieux et des médias afin que la prévention atteigne chaque famille camerounaise.

L’ANTIC sonne l’alerte sur l’ampleur du phénomène

Présent au lancement, Steve Yong, expert de l’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication (ANTIC), a dressé un état des lieux préoccupant de la cybercriminalité au Cameroun.S’appuyant sur les orientations du chef de l’État appelant à promouvoir un usage citoyen des réseaux sociaux, il a rappelé que le programme Bouclier numérique s’inscrivait dans cette dynamique nationale de sensibilisation.Selon les données présentées, le Cameroun compte aujourd’hui plus de 30 millions d’habitants, dont environ 12,6 millions d’internautes, tandis que 96 % de la population dispose d’une connexion mobile. Une transformation numérique qui s’accompagne d’une progression rapide des cybermenaces.

L’ANTIC estime à plus de 1,2 milliard de FCFA le préjudice financier déclaré lié aux cyberattaques. En 2025, l’agence a traité plus de 36 000 réquisitions judiciaires, reçu plus de 3 200 plaintes, dont plus de 93 % ont été traitées, identifié des milliers de faux profils sur les réseaux sociaux et sécurisé des dizaines de milliers de transactions électroniques.Steve Yong a également rappelé les principales formes de cybercriminalité auxquelles les citoyens sont confrontés : phishing, faux investissements en cryptomonnaies, fausses offres d’emploi, piratage de comptes WhatsApp et Facebook, usurpation d’identité, cyberharcèlement, sextorsion et manipulation par intelligence artificielle.

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Prévenir plutôt que subir

Représentant le ministère des Postes et Télécommunications, Romy Alexandra Meyo a salué cette initiative citoyenne qui vient compléter les actions du gouvernement en matière de cybersécurité.Elle a souligné que la multiplication des cyberattaques touche désormais toutes les catégories de la population et fragilise aussi bien la vie privée que la sécurité financière des citoyens.

Les faux profils, les escroqueries sur Mobile Money, les piratages de comptes et les fraudes bancaires figurent parmi les infractions les plus fréquentes.Pour répondre à ces défis, Bouclier numérique prévoit l’organisation de six grands séminaires consacrés notamment aux arnaques financières, au cyberharcèlement, à la sextorsion, aux deepfakes, au clonage de voix par intelligence artificielle, à la protection des mineurs et au cadre juridique applicable aux réseaux sociaux.Au terme de chaque session, les participants recevront une fiche pratique regroupant les principaux réflexes de cybersécurité, les mécanismes de recours disponibles ainsi que le numéro vert 8202 de l’ANTIC dédié au signalement des incidents.

Les promoteurs espèrent sensibiliser entre 500 et 1 000 personnes au cours de cette première phase avant d’étendre les formations aux écoles, universités, collectivités territoriales et communautés rurales. Leur ambition est de faire émerger une véritable culture du signalement afin que les victimes ne restent plus seules face aux violences numériques.

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Myriane Djamegne

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