Les autorités régionales maintiennent les restrictions de circulation nocturne de minuit à 5h30 dans cette partie du sud du pays, confrontée à des menaces sécuritaires récurrentes. Instaurée en avril dernier après une série d’attaques armées, la mesure est régulièrement reconduite pour faciliter les opérations des forces de défense et de sécurité.La région de Koutiala, dans le sud du Mali, reste sous couvre-feu. Les autorités administratives viennent de proroger jusqu’au 28 novembre 2026 les restrictions de circulation nocturne sur l’ensemble du territoire régional. Selon une décision du gouverneur, le général de brigade Harouna Samaké, rapportée vendredi par l’Agence malienne de presse (AMAP), les déplacements demeurent interdits entre minuit et 5h30.
Cette nouvelle prorogation, qui couvre la période du 28 octobre au 28 novembre, prolonge un dispositif sécuritaire instauré le 27 avril dernier, au lendemain d’attaques coordonnées ayant visé plusieurs localités maliennes. Initialement fixé de 20h à 6h pour une durée de 30 jours, le couvre-feu avait été justifié par la dégradation de la situation sécuritaire et la nécessité de faciliter les interventions des forces de défense et de sécurité.À partir de juin, les autorités avaient réduit la plage horaire à cinq heures et demie, de minuit à 5h30. Depuis, plusieurs décisions administratives ont successivement reconduit cette restriction, notamment en juin, en septembre et désormais en octobre.
Un corridor stratégique sous surveillance sécuritaire
La prorogation du couvre-feu intervient dans une zone qui occupe une position importante dans les échanges entre le Mali et le Burkina Faso. La région de Koutiala est traversée par la route nationale 12, un axe reliant Bamako et Ségou à Koutiala, puis à Koury, en direction du territoire burkinabè.
Située à environ 215 kilomètres de Bobo-Dioulasso et à un peu plus de 400 kilomètres de Bamako, la ville de Koutiala constitue un point de passage important pour les déplacements de personnes et les activités commerciales entre les deux pays.La région possède également un poids économique considérable dans la filière cotonnière malienne. Considérée comme l’un des principaux bassins de production du pays, elle est surnommée la « capitale de l’or blanc ». Le maintien des restrictions nocturnes intervient donc dans un environnement où les impératifs de sécurité doivent également être conciliés avec la continuité des activités économiques et commerciales.
Les opérations militaires se multiplient dans la région
Sur le terrain, les Forces armées maliennes (FAMa) ont intensifié leurs opérations contre les groupes armés. Le 8 septembre dernier, l’État-major avait annoncé avoir identifié et frappé huit points de concentration de combattants au nord-ouest de Mahou. Selon le bilan communiqué par l’armée, ces positions abritaient notamment du matériel de guerre et plusieurs motocyclettes.
Début octobre, une autre opération avait ciblé une base située à une dizaine de kilomètres au sud-est de Tiéré. Menée dans le cadre de l’opération « Dougoukoloko », cette intervention avait permis, selon les FAMa, de neutraliser une position comprenant du matériel militaire, plusieurs véhicules et un dépôt de carburant.Ces interventions illustrent les préoccupations sécuritaires persistantes dans cette partie du territoire malien, notamment sur les axes de circulation reliant le sud du pays aux zones frontalières du Burkina Faso.
En maintenant le couvre-feu jusqu’au 28 novembre, les autorités régionales entendent ainsi préserver les conditions nécessaires au déploiement des forces de sécurité et limiter les risques d’incidents nocturnes. Les populations sont appelées à respecter les horaires de restriction, dans un contexte où la sécurisation des personnes, des biens et des principaux axes de communication demeure une priorité.


