En République démocratique du Congo (RDC), la guerre continue de s’inviter dans les salles de classe.
Une semaine après la rentrée scolaire, plus d’un millier d’établissements restent fermés dans plusieurs zones affectées par les conflits, privant des centaines de milliers d’enfants de leur droit à l’éducation.Selon une compilation du mécanisme de coordination humanitaire de l’éducation en RDC, piloté par l’UNICEF et l’ONG Save the Children, en collaboration avec les autorités congolaises, 1 131 établissements scolaires sont toujours fermés. Ces fermetures interviennent dans un contexte marqué par la multiplication des affrontements et des attaques contre les infrastructures éducatives.
Le Sud-Kivu, épicentre d’une crise scolaire majeure
Près de la moitié des fermetures recensées sont directement liées à l’insécurité ou aux combats. D’autres établissements ont été détruits ou occupés, tandis que certains bâtiments scolaires ont été attaqués ou réquisitionnés pour servir d’abris aux populations déplacées.
Le Sud-Kivu concentre une part particulièrement importante de cette crise. 462 écoles y sont fermées, entraînant la déscolarisation de plus de 261 000 enfants. À elle seule, cette province compte ainsi davantage d’élèves privés d’enseignement que l’ensemble des autres provinces recensées réunies.La situation est également préoccupante dans l’Ituri, où plus de 45 000 enfants sont privés d’école. Au Nord-Kivu, près de 82 000 enfants n’ont pas pu effectuer normalement leur rentrée en raison de l’insécurité.
À l’échelle nationale, les chiffres donnent la mesure du phénomène : plus de 2,3 millions d’enfants ont été directement affectés par des incidents ayant touché 6 745 établissements scolaires.Les conséquences ne se limitent pas à la fermeture des écoles. Des établissements détruits ou endommagés nécessitent des travaux de reconstruction, tandis que ceux transformés en lieux d’accueil pour les déplacés ne peuvent plus assurer leur fonction éducative.
Une génération d’enfants exposée aux groupes armés
Pour les acteurs humanitaires, les écoles fermées ne constituent que la partie la plus visible d’une crise beaucoup plus profonde. La rupture de la scolarité expose les enfants à des risques supplémentaires dans des zones où les groupes armés continuent d’exercer leur influence.
Le rapport alerte notamment sur le risque de recrutement forcé d’enfants par les groupes armés, mais aussi sur leur exposition accrue aux violences basées sur le genre. L’interruption prolongée de leur scolarité fragilise ainsi leur protection et compromet leurs perspectives d’avenir.Dans plusieurs territoires, les combats contraignent les familles à fuir, tandis que les enfants voient leurs parcours scolaires interrompus à répétition. La destruction ou l’occupation des établissements prive non seulement les élèves de cours, mais également les communautés d’un espace essentiel à leur stabilité.
Alors que la rentrée scolaire devait marquer le retour à une certaine normalité, la persistance des combats dans l’est de la RDC rappelle que l’éducation demeure l’une des premières victimes collatérales du conflit. Derrière les 1 131 écoles encore fermées, ce sont des centaines de milliers d’enfants qui attendent de retrouver leurs salles de classe et, avec elles, une perspective de vie éloignée de la violence.



