Malgré la crise institutionnelle et la suspension qui affecte la Fédération camerounaise de rugby (FECARUGBY), son président, Me Patrice Monthé, entend remettre la pratique sportive au centre des priorités. À l’occasion de la cérémonie de célébration de l’Association Camer RUGBY (ACR), le 31 octobre 2026 au Palais des Sports de Yaoundé, le dirigeant a appelé les acteurs du rugby à dépasser leurs divergences. Son ambition immédiate : permettre aux jeunes de retrouver les terrains dans les prochaines semaines.
Le rugby camerounais traverse une période de turbulences, mais Me Patrice Monthé refuse de céder au découragement. Pour lui, les difficultés auxquelles fait face cette discipline ne sont pas insurmontables, à condition que les acteurs fassent preuve de volonté et privilégient l’intérêt collectif.« Ce qui est important, c’est la volonté des hommes », a-t-il déclaré. Rejetant une conception du rugby dominée par les conflits et les affrontements entre dirigeants, le président de la FECARUGBY rappelle que la vocation première de cette discipline reste la compétition sportive. « Le rugby, ce n’est pas une affaire de guerre. C’est une affaire de terrain », a-t-il insisté.
Cette vision explique, selon lui, le sens de la cérémonie organisée en l’honneur de l’Association Camer RUGBY, victorieuse du Bouclier d’Africus à Libreville, au Gabon, en juillet 2026. Le président fédéral affirme avoir pris l’engagement de célébrer cette performance et de rendre hommage aux joueurs ainsi qu’à leur encadrement technique. Une reconnaissance matérialisée par la remise de primes financières aux principaux artisans de ce sacre.« Nous avons la responsabilité, en tant qu’organe fédéral, de faire en sorte qu’ils ne perdent pas leur talent », a-t-il souligné. Pour Me Patrice Monthé, les jeunes sportifs ne doivent pas être les victimes des différends qui opposent les responsables de leur discipline.
Crise institutionnelle : Monthé appelle à dépasser les querelles

Interrogé sur la nécessité de reconstruire le rugby camerounais avec toutes ses composantes, le président de la FECARUGBY a défendu une approche fondée sur le rassemblement, tout en affirmant sa volonté de poursuivre les activités fédérales avec les acteurs disponibles.« La Fédération camerounaise n’appartient à personne, elle n’appartient pas à Monthé », a-t-il rappelé, précisant que son retour à la tête de l’institution est intervenu à la suite d’une élection.Face aux contestations qui traversent le mouvement rugbystique, il estime que la relance ne doit pas être conditionnée à la participation de tous les protagonistes. « On n’a pas besoin d’une armée mexicaine pour remettre le rugby en ordre de marche. On a besoin d’une volonté, on a besoin d’un cap, on a besoin de moyens », a-t-il affirmé.La question de la suspension de la fédération a également été abordée.
Sur ce point, Me Patrice Monthé attribue les difficultés actuelles aux dissensions internes, notamment aux contestations autour du processus électoral. Il dit toutefois ne pas en faire sa priorité immédiate, considérant que le dossier relève davantage des instances internationales.Il indique par ailleurs que la tutelle camerounaise a déjà fait connaître à Rugby Afrique ses réserves sur la manière dont cette situation est appréhendée. Une position qui, selon lui, témoigne de l’existence d’échanges entre les autorités nationales et les instances sportives concernées.
La coopération sous-régionale comme alternative pour maintenir la compétition
En attendant une issue à la crise institutionnelle, le président de la FECARUGBY entend miser sur la coopération sportive avec les pays de la sous-région. Le Tchad, la République centrafricaine, le Congo, le Gabon et la Guinée équatoriale figurent parmi les partenaires évoqués pour multiplier les rencontres et offrir des espaces de compétition aux jeunes rugbymen camerounais.
Cette orientation s’inscrit dans une dynamique de rapprochement entre les fédérations de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Elle vise notamment à préserver la pratique du rugby et à permettre aux athlètes de continuer à progresser malgré les difficultés administratives et institutionnelles.Pour Me Patrice Monthé, la priorité reste donc la reprise effective des activités sur le territoire national. Cette volonté devrait se traduire par le retour du Championnat national et de la Coupe du Cameroun, annoncés lors de la cérémonie du 31 octobre.« Mon problème est très simple : faire en sorte qu’on pratique le rugby au Cameroun dans les prochaines semaines », a-t-il conclu.
Entre volonté de relance, ouverture à la coopération sous-régionale et divergences institutionnelles persistantes, le rugby camerounais se trouve ainsi face à un double défi : préserver le potentiel de ses jeunes talents et trouver une issue à la crise qui fragilise son fonctionnement. Pour le président de la FECARUGBY, le retour sur les terrains constitue désormais la priorité.


